Encore un retour,
Pour trouver cette vie
Qui ne me va plus:
Trop étriquée,
un peu courte sur les jambes.
Se ré-intégrer en silence,
Comme si rien de tout cela
N'avait existé.
Comme si les bonbons au tamarins,
Les orchidées, les plages,
Et les gens, Rangoon,
Bangkok et Vientiane,
Les fleurs de frangipanier,
Les geckos bruyants et maladroits,
Et la vie qui grouillent,
N'étaient finalement qu'un reve,
Une parenthèse.
Cela n'interrese personne,
Et c'est inarable,
De toutes façons...
Alors il faut prendre
Son mal en patience.
Attendre, que la vie se fasse,
Attendre, de retrouver sa place.
En douceur,
Sans brusquer,
Sans renier,
Sans oublier.
Il faut les convaincre
Qu'on a changé,
Un peu, juste un peu.
Qu'on les aime toujours
Et qu'on a besoin d'eux.
Et préparer la suite...
De retour en France
A la recherche d'un emploi,
Pour repartir,
Bientot.
Je vous lis,
De temps en temps.
Je vais bien.
Je reviendrais.
Je suis là
Bien là.
Et je vais bien.
Pas d'inquiétude,
Mes exams se sont terminés,
Ma vie étudiante
Est sur le point de,
Elle aussi.
Une page qui se tourne,
L'après a preparer...
Merci en tous cas.
Je vous lis,
Aussi.
Ces géants magnifiques,
Debouts, couchés,
Assis,
Respirent la sérénité
Et donnent à ce pays
Sa majesté.
Impossible d'aller
Quelquepart,
Sans en croiser.
Pas très joufflus,
Fins et sereins,
Ils regardent le monde,
En bas,
S'agiter, rire et pleurer,
Vivre et vénérer,
De leur majestueuse bienveillance.
Ils surplombent
Et couvent,
Apaisent et embaument,
Guident et sauvent,
Se nourrissent
D'encens et de riz,
De larmes et de bonheurs,
De temps,
Et de Fanta aussi...
Je ne suis pas mystique
Ni religieuse,
Mais les Bouddhas ici
Me touchent,
Particulièrement.
Cette religion,
Qui n'est pas mienne,
Est belle,
Dans son message
Et ses icônes,
Et m'émeut.
Les temples m'apaisent,
Instantannément,
Comme une église ne le fera jamais.
Ils iradient la douceur,
L'immanence et la sérénité,
Loin de la douleur anxiogène
D'un Christ crucifié.
Il est Mongol,
Mais pas Mongolien,
De ce pays de steppes,
De deserts et de vents,
Qui fait rever,
Mais n'existe pas vraiment,
Pour les gens.
He died yesterday,
Drowned
In the swimming pool.
Went in the café first,
Had a drink,
And others.
Was merry and polite,
As usual.
He was found
In the morning.
It was too late,
We will miss him.
Il etait la souvent,
Pas loin, dans le coin.
Discret et gentil.
On ne le verra plus.
C'est terrible et triste,
Une chape de plomb,
Encore. Toujours.
Please make them,
Shut it up.
The gossips,
The comments.
Shut it up,
Even if only for a minute,
For a thought.
Please.
Let him
Go in peace.
Les mots viennent
En anglais,
Bizarrement.
Il appartient à ce monde,
Il est d'ici.
Et de là bas.
De l'eau et du talc,
Des momies blanches
De ces onguents,
Surexcites,
Enfants et adultes,
Thais et Farangs,
Songkran est la,
Avec un jour d'avance.
Alors belle et heureuse
Annee 2549,
Aux bouddhistes
Et aux autres.
Je suis trempee,
Le talc en sechant
Fait une croute bizarre
L'Asie du Sud-Est
Est aux prises
D'une gigantesque
Bataille d'eau.
Ca tombe bien
Pour les 40 degres
Et le soleil implacable.
C'est festif et joyeux,
Drole et regressif.
Et ca dure encore 3 jours...
Je suis là,
Entre deux voyages,
Les beautés du Nord,
Les temples en teck,
La chaleur sèche.
Le nouvel an qui se prépare,
Songkran, bientot.
Penser a acheter,
Un pistolet a eau.
Des amis en visite,
Essayer de leur faire aimer,
La Thailande,
Sa beauté,
Sa majestée,
Sa sérénité.
Et leur jeter de l'eau,
Par baquets,
Pour leur laver le karma,
Et les rafraichir.
Bataille urbaine géante,
Songkran,
Dans deux jours,
On sera en 2549.